.
.
Par: Robert W. Griffith, MD, Docteur en Médecine
Nous connaissons déjà un certain nombre de facteurs de risques pour l'ostéoporose : le manque d'exercices physiques, le tabagisme, un manque de calcium ou de vitamine D, l'abus d'alcool et ainsi de suite - mais actuellement, un nouveau facteur vient d'être découvert : le taux sanguin élevé d'homocystéine. Et s'il ne s'agit pas d'un facteur de risque, alors c'est pour le moins un marqueur de la maladie.
Chez les personnes âgées, l'ostéoporose est un facteur de risque majeur pour les fractures et les facteurs de risque de l'ostéoporose sont nombreux : un manque de calcium et de vitamine D, l'inactivité physique, la cigarette, l'abus d'alcool et la ménopause. Maintenant, un nouveau facteur de risque potentiel vient de s'ajouter à la liste - l'augmentation du taux d'homocystéine dans le sang.
On savait déjà qu'un taux élevé d'homocystéine pouvait être associé à un risque élevé de maladies cardio-vasculaires telles que la crise cardiaque ou l'accident vasculaire cérébral. Mais deux analyses rapportées dans le New England Journal of Medicine suggèrent que le risque de fracture ostéoporotique pourrait être tout aussi important.1 , 2
La première était une analyse de données en provenance de deux vastes études menées aux Pays-Bas - L'étude de Rotterdam et l'étude longitudinale d'Amsterdam sur le vieillissement.1 2406 personnes y ont participé, âgées de 55 ans ou plus, qui ont été suivies pendant une durée de 2 ans et demi à 8 ans. Elles avaient été réparties en 4 groupes égaux, des quartiles, sur la base de leur taux d'homocystéine dans le sang. Le nombre de fractures touchant des os autres que la colonne vertébrale était deux fois plus important parmi les sujets ayant un taux d'homocystéine plus élevé dans le sang, par rapport à ceux des trois autres quartiles. Ces résultats ont été déterminés suite à un ajustement réalisé pour éviter les facteurs de confusion du type âge, sexe, prise de complètements alimentaires, densité minérale osseuse, Indice de Masse Corporelle (=IMC), tabagisme, chutes récentes, diabète et démence.
La seconde analyse a été réalisée auprès de personnes ayant participé à la célèbre étude de Framingham. 2 Elle comptait 1999 sujets âgés de 59 à 91 ans, qui ont été suivis pendant 16 à 19 ans. Les quartiles de niveau d'homocystéine avaient été formés de personnes des deux sexes, de la même façon que pour la première analyse. Dans cette étude, la fréquence des fractures était quadruplée chez les hommes et doublée chez les femmes du quartile le plus élevé, par rapport aux trois quartiles à taux inférieur pour chaque sexe.
Il existe une maladie héréditaire rare, l'homocystinurie, où les taux d'homocystéine sont élevés et où l'urine contient de grande quantité d'homocystéine ; cette affection s'accompagne aussi d'ostéoporose généralisée. C'est là un argument très fort pour dire que l'homocystéine elle-même peut causer l'ostéoporose, même si les étapes intermédiaires n'ont pas été démontrées dans le laboratoire de recherche.
D'un autre côté, des taux élevés d'homocystéine surviennent rarement de façon isolée. Ils sont souvent accompagnés par la baisse des taux d'acide folique, des vitamines B12 et B6. Il existe aussi un lien très clair entre un faible taux d'acide folique et de vitamine B12 et une augmentation de l'ostéoporose chez les femmes en post ménopause. Il est possible que l'une de ces substances soit la "coupable" et que l'homocystéine ne soit là qu'en simple "spectatrice". En faveur de ce rôle de "spectateur", on trouve le fait que les taux d'homocystéine augmentent au moment de la ménopause et qu'ils peuvent être réduits par une administration d'œstrogènes (comme c'est aussi le cas de l'ostéoporose !).
Quel que soit le rôle véritable de l'homocystéine, les augmentations constatées dans le quartile le plus élevé de ces analyses augmentent le risque de fracture, de la même façon que ce qui a été vu chez des sujets ayant une densité minérale osseuse faible, une démence ou avec des antécédents de chutes récentes. Ceci fait du taux d'homocystéine dans le sang un " marqueur" potentiellement utile pour la détection de personnes à risque de fracture liée à l'ostéoporose. (Un taux normal d'homocystéine est situé entre 6 et 12 micromoles par litre.)
Comme un taux élevé d'homocystéine est associé avec un certain nombre d'autres conditions (principalement cardiovasculaires), mieux vaut s'assurer que son alimentation contient assez d'acide folique pour conserver un taux d'homocystéine "dans les limites de la normale". Ce qui signifie manger beaucoup de "bons" aliments (fruits et légumes à feuilles vertes - voir le second lien ci-dessous).
Notes de bas de page
1. Homocysteine levels and the risk of osteoporotic fracture. JBJ. van Meurs, RAM. Dhonukshe-Rutten, SFP. Pluijm, et al., N Engl J Med, 2004, vol. 350, pp. 2033--2041
2. Homocysteine as a predictive factor for hip fracture in older persons. RR. McLean, PF. Jacques, J. Selhub, et al., N Engl J Med, 2004, vol. 350, pp. 2042--2049
Liens apparentés
AHA : Homocystéine, acide folique et maladies cardiovasculaires
En aucun cas, les informations données se substituent à une consultation, une visite ou un diagnostic formulé par votre médecin.
PUBLICITE
Poster un nouveau commentaire